Petite histoire du SEECO

Texte original écrit par Nicole Gaboury et Denise Saulnier
lors du 25e anniversaire du SEECO
Mis à jour lors du 40e anniversaire du SEECO
Mis à jour lors du 50e anniversaire du SEECO

Des faits

À la veille de la fondation du Syndicat, en 1966, une grève très difficile a été menée (à Hull surtout) par le SPEQ (Syndicat des professeurs de l’État du Québec, affilié à la CSN).  Le local de grève était au Conseil central CSN sur la rue Eddy).  Le premier ministre Lesage avait dit lors de cette grève : « La reine ne négocie pas avec ses sujets ».  Il y avait eu grève, injonction, respect de l’injonction, 90 jours de négociation qui n’avaient rien donné, grève à nouveau, injonction ; cette fois, non-respect de l’injonction.  Lesage avait refusé de négocier avec des professeurs dans l’illégalité ; il a négocié quand même.  Et il y a eu règlement !

Fondation

Au lendemain de cette grève très difficile, a été fondé le Syndicat des professeurs de la région de Hull qui a regroupé les professeurs du SPEQ (CSN), des Arts et Métiers, des Écoles normales, des instituts technologiques et du SPE (CSN) – Syndicat des professionnels de l’enseignement (les profs des collèges classiques).  S’identifier à un syndicat n’était pas du tout facile dans le contexte politique de l’époque.  C’est Paul Doyon, conseiller syndical, qui a soutenu le travail de signature des cartes.  Et l’assemblée de fondation a eu lieu à Montréal le 3 avril 1967.

Jean-Léon Deschesnes a été le premier signataire.  Voici quelques personnes qui ont signé par la suite.  Leur nombre : 40, dont Gaston Adam, Roger Bernier, Napoléon Boucher, Hervé Boutin, Jean-Guy Brillon, Marcelle Dagenais, Pierre-Émile De Breyne, Lucien Guérette, Georges-Henri Labonté, Pierre Labrecque, Yvan McDonald, Yves Martel, J.René Thibaudeau, Yvon Thibodeau, Florent Whissell, Marcel Wolfe.

Première assemblée

La première assemblée tenue à Hull l’a été le 11 septembre 1967; le président d’assemblée était Jean-Léon Deschesnes et le secrétaire d’assemblée, Marcel Wolfe.  De nouveaux membres ont été admis dont Jacques Michaud et René-Louis Vianna.  Pierre De Breyne a alors été élu président du Syndicat ; Marcel Wolfe, secrétaire-trésorier et Lucien Guérette, directeur.  Le premier Comité exécutif était né.

Ce 11 septembre 1967 était votée la demande d’accréditation :  elle sera acceptée le 20 décembre 1967.  Il a aussi été voté que la convention du SPEQ serait appliquée.  Les droits acquis par le SPEQ seront protégés.  De plus, le projet de fédération des enseignants québécois (FEQ) est présenté : il sera accepté en assemblée générale le 25 avril 1968.  Pendant ce temps, la première négociation nationale s’entame.

Élections et premières nominations

En janvier 1968, Pierre De Breyne est remplacé au poste de présidence, par Pierre Labrecque.  René Thibaudeau est vice-président, Marcel Wolfe reste secrétaire-trésorier (une preuve que le syndicalisme mène à tout :  Marcel est aujourd’hui secrétaire général du diocèse).  Yves Martel et Claude Nadon sont directeurs.  Voici quelques nominations de l’histoire du Syndicat: elles dates de 1968 :

  • Jacques Michaud est nommé à l’information.
  • Roger Bernier sera élu délégué à la négociation

Deux délégués, Gaston Adam et Albert Poitras, sont nommés au Conseil central de l’Outaouais (regroupement des syndicats CSN de la région).

Fait à noter : Jacques Michaud, responsable à l’information, demandera d’être remplacé à ce poste par « un historien, un économiste ou un sociologue ».  Je n’ai pas trouvé qui l’a remplacé.  Cette personne aurait-elle voulu rester dans l’anonymat?

Il y a eu l’élection pour 67-68 :  Pierre Labrecque est élu président ; René Thibaudeau, vice-président ; Marcelle Dagenais, secrétaire-trésorière;  Roger Bernier, directeur.

Première négociation nationale

Le 11 novembre 1968, il est question de la négociation provinciale.  Je m’arrêterai particulièrement aux événements qui ont mené à la signature de la première convention FNEQ. La norme 1/15 est le sujet important.  Elle est moins acceptée par les professeurs du secteur professionnel.  Elle ne donne aucune garantie sur ce que serait la tâche du prof.  Lors de la négo, les profs reprochent au gouvernement de ne pas envoyer de pédagogue à la table de négociation.  Les profs reprochent au gouvernement de ne pas être assez présents à la table de négo.

Moyens de pression

L’Assemblée générale décide d’informer le public sur le statut du professeur.  Il est voté que les journalistes, les parents, les membres du Conseil d’administration et les étudiants seraient invités à la table de négo.  Est voté le retrait des profs des commissions et comités à la condition de s’assurer de l’efficacité d’un tel procédé.

Faits particuliers

Le 2 avril 1969, alors qu’il y a mésentente sur un « point capital », la norme 1/15, Gaston Adam propose :

« Dans la conjoncture actuelle, le temps est opportun pour notre exécutif provincial d’utiliser l’arme de la grève. »

C’est un rejet à 75%.

Alors Bernard Frappier propose un moyen d’action autre (on dirait «léger» aujourd’hui…) soit une grève symbolique:

« Pendant une semaine, les profs enseigneraient gratuitement, c’est-à-dire qu’à la fin de la semaine, ils verseraient leur salaire à un fonds de secours, soit à la bibliothèque du Collège, ou à une autre œuvre de charité. »

Vous comprendrez que ce Bernard Frappier ne fait plus partie du personnel enseignant…

On débat et la décision est reportée.  C’est un comité qui préparera les arguments favorables et défavorables à la grève.  Le 14 mai, il y a vote et refus de la grève à 61%.

Un autre moyen de pression est adopté : ce 14 mai les chefs de départements démissionnent, mais le 10 juin, cette stratégie est abandonnée.  C’est le 15 juillet, en plein été, que l’assemblée générale acceptera le texte de la convention collective après s’être libérée de l’obligation que les 2/3 soient d’accord.

Je n’ai pas su le contenu de cette convention :  le salaire de base, le sort de la norme 1/15.  Je suis à la recherche de ce texte de la première convention collective nationale.  Pourtant Pierre De Breyne m’a dit que le salaire de base était autour de 5,000$[1].

Premier journal

C’est dans le cadre des événements de la première négociation que l’assemblée générale a dit, le 2 avril 1969, qu’elle voulait un journal officiel du Syndicat contenant de l’information pédagogique et syndicales et des débats syndicaux.

1970 à 1972

En 1970, le nombre de profs est passé de 40 à 100.  Le président de 70-71 a été René Thibaudeau.  En 71-72, Yvon Thibodeau.  Je vous présente des personnes qui ont été membres du Comité exécutif avant 1972 et qui sont parmi nous ce soir :  Aline Melançon Valentine, Gaston Drew et Marcel Wolfe.

À partir de 1970, il y a eu préparation de la négo de 1972.  Celle-ci a été très difficile pour notre Syndicat :  il y a eu refus de participer à la grève du Front commun, même si les offres patronales avaient été refusées à forte majorité.  Les débats ont été houleux.  Il y a même eu vote de désaffiliation de la FNEQ
(40 pour; 24 contre).  Le Syndicat a survécu à 1972 avec des blessures profondes qui ont mis du temps à se cicatriser.

Suites

Il faudra continuer l’histoire et analyser les événements qui ont entouré les négociations de 72, 76, 79, 82, 86, 89 et à quand la prochaine ? Il reste beaucoup de travail à faire, des lectures, des personnes à rencontrer :  René Thibaudeau, 3e président et Yvon Thibodeau, 4e président.  Écrire l’histoire du Syndicat est un projet qui a germé :  il faudra continuer.

Présidentes et présidents

Journaux

Les journaux ont eu comme noms : Delta de 1972 à 1976;  La longue-vue de 1976 à 1980; Le Contrepoingt de 1978 à 1980; L’Inquisiteur en 86-87 et le Plus-mot depuis 1987.

Vous rappelez-vous la grande équipe de Contrepoingt : Richard Riopel, Denise Saulnier, Daniel Gascon, Stéphane-Albert Boulais, Renaud Bouret, Pierre Cantin, Dean Dussault, Marcel Painchaud, Jacques Michaud, Bernard Ouellet, Jean-Pierre Simard, Rose-Hélène Labelle, Louis Cummins, François Lahaie, Luc Frenette et Micheline Rochon.

Locaux

Vous souvenez-vous de certains locaux ?

  • Le Conseil central, rue Eddy en 1966
  • Le sous-sol de l’église du Sacré-Coeur en 1982
  • La salle 40 au 115 Carillon, Centre diocésain en 1986
  • La Cabane en bois rond en 1989

Les locaux où se tenaient les assemblées générales en dehors des temps de grèves :

  • L’amphithéâtre face à la bibliothèque de l’édifice du boulevard Taché
  • La nouvelle cafétéria, boul. Taché
  • Le 2.035 sur Cité des Jeunes

Les cotisations

  • 1$ par mois en 1967 – collecté par l’Exécutif du Syndicat
  • 20 novembre 1969 : 1% du salaire de base, versé annuellement
  • Maintenant : 435 membres cotisant 1,65% de leur salaire

Les départements en 1969

En 1969, pour représenter le Syndicat à la Commission pédagogique, il faut élire un prof par département.  La liste des départements est la suivante : Philosophie, Mathématique, Électrotechnique, Chimie, Sciences humaines, Langues, Mécanique et dessin.

En 1992, il y a 25 départements.  Il y en a maintenant 31.

Organisation du bureau du Syndicat

On ne peut terminer sans parler de l’organisation du bureau du Syndicat.

Si de 1967 à 1977, il n’y avait pas d’employée, le Comité exécutif assumait toutes les tâches de secrétariat.  C’est le grand cahier vert qui contient les procès-verbaux en manuscrit jusqu’au
2 février 1972.  Ce document a été précieusement gardé au Syndicat.  Ensuite les procès-verbaux sont dactylographiés et imprimés à l’alcool, à la Gestetner plus tard (Denise en a encore mal à la tête aux souvenirs des heures passées à imprimer des documents de 9-10 pages en 250 copies).

En 1977, Roger Bernier est président.  Les documents du Syndicat sont dans son bureau.  Il est demandé à Denise Saulnier de classer les documents qu’elle transportera, avec Bernard Ouellet, dans le local M-215 (devenu une classe aujourd’hui).  Il y aura donc organisation du système de classement par Denise Saulnier.  Pour ceux et celles qui ont vu le bureau de Bernard Ouellet, ne vous inquiétez pas, c’était Denise la responsable du classement…

Il y aura achat d’une machine à écrire électrique IBM – ce sera toute une affaire… – et l’ordinateur en 1988 ; aujourd’hui, il y a un nouvel ordinateur et une imprimante au laser.  La technologie nous suit…

Travail de Denise Saulnier, employée du Syndicat

Cet exposé de l’histoire du Syndicat ne peut passer sous silence le travail de Denise Saulnier.  Elle fut la personne qui, depuis 1977, assura une présence au local du syndicat.  Ce fut d’abord 3 demi-journées par semaine en 1977-1978.  Par la suite, 3 jours par semaine jusqu’en juin 1994 et à partir d’août 1994, elle travailla au local du syndicat 4 jours/semaine.  De nombreuses tâches lui furent alors confiées, notamment le dossier des assurances et celui de la retraite.

Depuis la retraite de Denise en 2013, Stéphanie Renaud a pris la relève de 2013 à 2017.  C’est maintenant Chrystel Lasson, qui occupe ce poste depuis l’automne 2017.

[1]  5 000 $ en 1969 correspond 34 000 $ en 2017.  Le salaire de base selon la nouvelle convention est de 39 000$.