Un petit mot pour vos 50 ans…

 

Près de quatre années après mon départ à la retraite, c’est avec une certaine émotion que j’ai reçu cette gentille invitation à participer au numéro spécial du Plus-Mot qui souligne les cinquante ans d’existence du Cégep de l’Outaouais et particulièrement du SEECO.   Pour ceux et celles d’entre vous qui ne m’ont pas connue, j’y ai travaillé pendant 36 ans comme employée de bureau et adjointe administrative de 1977 à 2013.

De mon refuge hivernal au soleil de la Floride, il me fait donc grand plaisir de vous adresser ces quelques mots et, par la même occasion, vous raconter quelques souvenirs.

De mon embauche à l’automne 1977, je me souviens avoir fait le grand ménage dans le local syndical officiel qui se trouvait dans le bureau du président d’alors Roger Bernier, enseignant en cartographie.   C’est avec l’aide de Bernard Ouellet, prof de philosophie et secrétaire de l’exécutif, que j’ai eu le mandat de mettre de l’ordre dans les contrats et divers documents entreposés tout le long du mur et jusqu’au plafond…!   Il n’y avait qu’un seul classeur contenant les contrats des enseignants, méticuleusement organisé par Denise Gariépy, enseignante en mathématiques.   Je venais travailler surtout le soir à ce moment-là et certains après-midis de l’année 1977-78.  Ce n’est qu’à compter de l’automne 1978, après la naissance de mon fils, que mon engagement comme secrétaire a été confirmé.  De là l’installation d’un bureau où je venais travailler trois jours par semaine, souvent accompagnée de mon bébé dans son couffin, allaitement oblige…. c’était le bon temps!  Je participais aussi aux très animées réunions du journal syndical d’alors, le Contrepoingt, qui se terminaient toujours (ou presque) en party…souvent mémorables.

En 1982, j’ai dû prendre un congé de maternité pour la naissance de ma fille et j’ai donc vécu de la maison la longue grève de l’hiver 1983, venant parfois encourager mon mari enseignant et ses collègues sur la glaciale ligne de piquetage devant le cégep.

Sur les conseils de Pierre Bordeleau, prof de philosophie alors membre du CRT, j’ai obtenu mon accréditation syndicale en 1984 lors de mon retour au travail.  J’ai donc signé en bonne et due forme une convention collective digne de ce nom, obtenant ainsi un poste régulier de quatre jours par semaine, de belles vacances estivales et autres avantages négociés avec l’aide de Pierre et un conseiller syndical de la CSN.   Je devenais alors la première personne à inscrire au Ministère du travail une accréditation syndicale avec une seule employée… un précédent à l’époque !

Par la suite, j’ai vécu de près toutes les négociations collectives des enseignants du cégep, soutenant le comité exécutif dans l’organisation des activités de mobilisation.  Des évènements très stressants, mais combien stimulants du point de vue humain.  Que de bons souvenirs me reviennent, notamment les réunions du comité d’organisation de la grève dans les locaux temporaires au Centre Diocésain ou au-dessus du centre d’achat d’en face…  Soutien logistique et appui moral faisaient partie de mes tâches dans ces difficiles périodes.

Durant toutes ces années de travail auprès des enseignantes et des enseignants du cégep et particulièrement auprès des divers comités exécutifs, j’ai beaucoup appris.  J’ai accompagné une bonne dizaine de présidents ou présidentes, de même que les militantes et militants aux divers comités, des personnes dynamiques qui ont été au service de leurs pairs pour assurer ou maintenir un bon climat de travail.   Ce fut une grande fierté pour moi de pouvoir les soutenir et de les appuyer au quotidien.   On m’a aussi confié des dossiers qui me tenaient à cœur dont les assurances, la retraite et Fondaction depuis sa création en 1995.   Sans oublier que j’ai souvent joué le rôle de la grande sœur ou la maman conseillère de plusieurs …  et j’aimais ça!

Finalement, l’histoire du cégep et du SEECO fait partie de ma propre histoire et de celle de mon conjoint enseignant pendant 35 ans.   C’est donc un honneur pour moi de contribuer par ces quelques mots aux célébrations du 50e anniversaire.

Amicalement

Denise Saulnier